Le dialogue bulgaro-serbe en France
Présentation de la séance
Le vendredi 6 février 2026, le séminaire de recherche inter-laboratoire L’espace littéraire de Berlin à Vladivostok, organisé par la Bibliothèque Diderot de Lyon (ENS), le laboratoire MARGE (Lyon 3), le laboratoire IHRIM (ENS) et l’Université de Grenoble Alpes (UGA), a consacré pour la deuxième fois depuis sa création une séance dédiée aux littératures du sud de l’espace de Berlin à Vladivostok. Organisée par Sonja Graimprey, responsable du Fonds Russie Europe médiane (FREM) à la Bibliothèque Diderot de Lyon, cette séance, la deuxième de l’année 2025-2026, était intitulée Le Dialogue bulgaro-serbe en France. Elle a été présentée par deux intervenantes qui enseignent au département d’Études slaves de la Faculté des langues de l’Université de Strasbourg : Miryana Yanakieva, maîtresse de conférences HDR à l’Institut de littérature de l’Académie bulgare des sciences et chercheuse associée du Groupe d’études orientales, slaves et néo-helléniques – UR 1340 (GEO) et Livija Ekmecic, également chercheuse associée au GEO (UR 1340).
Présentation du projet pédagogique et de recherche
Le Dialogue bulgaro-serbe en France est un travail de recherche étroitement lié à un projet pédagogique au sein de la Faculté des langues de l’Université de Strasbourg, initié en 2022-2023, qui est destiné à promouvoir l’étude des littératures bulgare et serbe, encore méconnues en France. La création de la matière Arts et littératures slaves balkaniques propose une étude des littératures bulgare et serbe par une approche comparatiste, réunissant par binômes des auteurs de chacun des deux pays et définissant et explorant des relations intertextuelles implicites entre ces auteurs. Les deux intervenantes sont à l’origine de ce projet pédagogique, présenté comme unique en France.
Miryana Yanakieva évoque le processus de recherche qui aboutit à l’édification de ces binômes et les analyses intertextuelles qui en ressortent. Cette matière offre également aux étudiants la possibilité de contribuer à la création de l’espace de recherche grâce à une composante d’écriture créative et à un projet de « Rencontres Littéraires », où les étudiants rencontrent et conversent avec un écrivain serbe ou bulgare. Livija Ekmecic montre comment cette approche participative permet de développer la recherche littéraire à la fois au sujet de l’influence de la lecture sur le jeune lectorat et au sujet des pièges de la lecture sur ce même lectorat.
La matière Arts et littératures slaves balkaniques est destinée aux étudiants en licence ou en master, et elle attire, depuis sa création, un public nombreux et varié, à raison d’une centaine d’étudiants chaque année : la plupart d’entre eux s’inscrivent librement et sont de manière générale étudiants dans les départements de Langues, littératures et civilisations étrangères (LLCE) ou d’Arts et Lettres. La matière n’est obligatoire que pour les étudiants ayant choisi le serbe ou le bulgare en troisième langue dans leur maquette universitaire. La validation consiste à préparer des questions littéraires en vue des « Rencontres Littéraires » ou à proposer une recherche comparatiste. Les étudiants ont d’ailleurs la possibilité de proposer leurs travaux à la publication. Le comité de rédaction de la revue Forum philologique (Filologičeski forum), édité par la Faculté d’Études slaves de l’Université de Sofia, a créé une rubrique destinée spécialement aux étudiants de l’Université de Strasbourg. Ces derniers sont invités à proposer leurs travaux pour la publication dans cette rubrique.
D’après les deux chercheuses, cette initiative permet de vraies découvertes dans la recherche littéraire balkanique. Forte de son succès après quatre années d’existence, la matière ne constitue plus seulement un projet pédagogique, mais un véritable projet de recherche innovant investi non seulement par les deux intervenantes, mais aussi par leurs étudiants, qui sont au cœur d’une approche informée par leurs lectures personnelles.
Intervention de Miryana Yanakieva : Explorer les relations intertextuelles à travers des binômes littéraires
Miryana Yanakieva a commencé son propos par l’exposition des raisons qui ont conduit à la création de la matière Arts et littératures slaves balkaniques. Largement méconnues en France, les littératures serbe et bulgare étaient, jusqu’en 2022, étudiées séparément. Miryana Yanakieva, et Livija Ekmecic ont jugé que cette situation n’avait plus de raison d’être, et que la réunion de ces deux littératures en une seule matière ne pouvait que bénéficier à chacune d’entre elles. En effet, la mise en regard de deux littératures voisines soulève des questions, des problèmes et des défis parfois inattendus. Toutefois, la mise en regard de ces deux littératures était contrainte par la nécessité de proposer aux étudiants francophones des œuvres traduites en français, sinon en anglais. Cette contrainte met en difficulté la volonté de donner aux étudiants une image cohérente et pertinente du contexte littéraire balkanique. Le marché littéraire français, depuis quelques années, propose une plus large offre de romans serbes ou bulgares traduits en français.
Le choix de l’approche comparatiste
Intérêt historique de l’approche
Miryana Yanakieva a donc, par la suite, justifié le choix de l’approche comparatiste lors de l’élaboration de cette matière, unique en son genre en France. Ce choix résulte de l’idée d’un contexte balkanique commun, les deux pays étant liés par des relations historiques très anciennes. La chercheuse a en effet rappelé que de la période médiévale jusqu’à la période de domination ottomane, les littératures serbe et bulgare ne faisaient qu’une, présentes sous la forme d’un seul et même modèle : le modèle slavo-byzantin, qui constitua un grand héritage littéraire, dont l’influence sur toute la littérature slave est considérée comme une « prérenaissance » aux XIVe et XVe siècles par Dmítrij Lihačëv. La littérature balkanique de la période médiévale est la mieux étudiée, tandis que les périodes de décalage, de nuance entre les deux littératures serbe et bulgare le sont relativement moins.
Si les littératures serbe et bulgare sont réunies en une communauté littéraire spécifique jusqu’à la moitié du XVIIIe siècle, le XIXe siècle est caractérisé par une asymétrie des développements. En effet, les milieux littéraires se sont structurés différemment. Des écoles littéraires similaires à celles de l’Europe de l’Est se sont formées du côté du monde littéraire serbe. La littérature bulgare, quant à elle, présentait des éléments issus du réalisme, du romantisme, voire du classicisme mais dans une forme beaucoup plus floue. Ces asymétries ne se sont atténuées que dans la dernière décennie du XIXe siècle.
Toutefois, Miryana Yanakieva a tenu à rappeler lors de sa communication, que les échanges demeuraient cependant très intenses entre les deux pays au cours du XIXe siècle, notamment dans les mouvements vers l’indépendance, en particulier au niveau de l’intelligentsia. La Serbie ayant acquis son autonomie plusieurs décennies avant la Bulgarie, c’est en Serbie, et en suivant des modèles serbes que se développe la littérature bulgare de la période nommée « Éveil bulgare » ou « Renaissance ». La dissolution de cette communauté littéraire, la scission d’une littérature slavo-byzantine en deux littératures, spécifiquement serbes et bulgares, unies par des échanges intenses et un destin historique, font de ces deux littératures un objet idoine à l’approche comparatiste. Et ce, d’autant plus que le XIXe siècle littéraire des Balkans reste un objet de recherche négligé. Selon Miryana Yanakieva, cette proximité géographique et historique crée une illusion de connaissance réciproque qui freine la recherche. Ainsi, Svetlozar Igov, cité par Ognjan Stamboliev, qualifie les littératures bulgare et serbe de « proches inconnues ».
Miryana Yanakieva a alors présenté deux exemples d’interpénétration des intelligentsia serbes et bulgares au XIXe siècle. Vuk Karadžić, philologue et folkloriste serbe, est considéré comme le père de la slavistique, et notamment comme l’initiateur des études bulgares. Il est en effet le premier à avoir attiré l’attention du monde de la slavistique sur l’existence de la langue bulgare. Outre les dictionnaires comparatifs élaborés à la fin du XVIIIe siècle à l’initiative de l’impératrice russe Catherine II, Vuk Karadžić publia en 1822 à Vienne Le Supplément au Dictionnaire comparatif de Saint-Pétersbourg de toutes les langues et dialectes, en accordant une attention particulière à la langue bulgare, à travers des exemples et des modèles comparatifs choisis, pour présenter le bulgare comme une langue slave indépendante. L’exemple inverse est Ljuben Karavelov, écrivain et journaliste bulgare, à la tête d’un comité révolutionnaire établi à Belgrade, sur le territoire serbe. Ljuben Karavelov qui maîtrisait parfaitement le serbe, n’a pas seulement traduit des textes mais a aussi écrit une partie considérable de son œuvre en serbe, et de cette manière, a considérablement participé au développement du réalisme serbe du XIXe siècle.
Toutefois, les cours d’Arts et littératures slaves balkaniques sont essentiellement consacrés à des ouvrages du XXe et du XXIe siècles.
Modèles d’enseignement des disciplines de littérature comparée dans le contexte académique actuel
Miryana Yanakieva, après avoir choisi l’approche comparatiste, pour définir plus précisément le cadre méthodologique, s’est appuyée sur une synthèse des approches universitaires modernes de l’enseignement du comparatisme. C’est le fruit d’une recherche publiée dans la revue comparatiste Colloquia Comparativa Litterarum, en 2019. Une équipe de chercheurs de l’université de Sofia a produit cette synthèse en étudiant un très grand nombre de cours universitaires en Europe, en Asie et en Amérique. L’enseignement du comparatisme se catégorise à l’échelle globale comme ci-après :
– Études comparatives sous un angle théorique : histoire de la littérature comparée ; approches et concepts de la littérature comparée ; méthodologie.
– Études comparatives sous un angle historique : cours d’histoire littéraire ; cours portant sur des périodes littéraires et des courants artistiques spécifiques ; cours sur l’histoire des genres spécifiques ; cours portant sur des auteurs ou œuvres choisis.
– Études comparatives sous un angle culturel et territorial : cours consacrés aux littératures de certaines régions.
– Études comparatives sous un angle thématique.
– Cours interdisciplinaires avec d’autres arts, d’autres domaines scientifiques.
– Cours de civilisation éventuels.
Pour Miryana Yanakieva, deux de ces approches ont particulièrement compté dans l’élaboration du cadre méthodologique de la matière Arts et littératures slaves balkaniques. D’une part, dans l’approche culturelle et territoriale, ce sont moins les frontières géographiques qui importent, mais le fait qu’elles soient perçues comme des espaces de tradition historique et culturelle spécifique. D’autre part, le modèle de l’approche thématique se distingue par une très large gamme de sujets, de champs d’application et de comparaison pratiquement illimités.
Le modèle des intertextualités implicites dans le dialogue bulgaro-serbe
Miryana Yanakieva a choisi de considérer les textes littéraires étudiés comme les sujets d’un dialogue. Le projet de recherche consiste à construire une image de l’espace littéraire serbo-bulgare à travers des « dialogues silencieux », selon le concept développé par Nikola Georgiev. Le rapport d’intertextualité entre les ouvrages étudiés en parallèle n’est pas évident : il n’est ni défini par le contenu des ouvrages ou par le paratexte, et ne procède pas d’un rapport d’influence ou de référence. Cette intertextualité est dite implicite puisqu’elle se développe à partir du sujet interprétant, le lecteur. Celui-ci découvre les raisons du dialogue, qui se situent au moment de la création littéraire. L’intertextualité implicite recoupe ainsi des questions de contexte, d’affinités idéologiques et thématiques, de similarité, de contraste, ou de complémentarité. La métaphore du miroir, selon laquelle l’objet se complète par son reflet, est aussi utile pour définir ce cadre méthodologique : le lecteur identifie grâce à la comparaison des messages implicites, des spécificités du style, des caractéristiques structurelles. De manière prospective et créative, le lecteur crée dans ce processus un méta-espace constitué des deux œuvres, qui forment un tout supra-textuel.
Exemples concrets
Miryana Yanakieva a présenté trois exemples concrets de ce qu’elle désigne comme des « dialogues silencieux » entre les littératures serbe et bulgare. Les œuvres étudiées, bulgares et serbes, toutes traduites en français, offrent des convergences suffisamment fortes pour justifier une étude parallèle, même en l’absence d’influences directes explicitement attestées.
Le premier rapprochement proposé concerne Petko Slavejkov et Laza Kostić, deux auteurs du XIXᵉ siècle dont les trajectoires présentent des similitudes, notamment le fait que tous deux furent étroitement liés à la cause nationale de leur pays. La comparaison porte sur deux poèmes, La « Source de la fille aux jambes blanches » de Slavejkov et « Santa Maria della Salute » de Kostić, qui s’inscrivent dans le contexte du symbolisme sud-slave, une période qui a suscité de nombreuses études comparées en raison de la forte présence des tendances modernistes dans les différentes littératures de la région. L’analyse met en évidence plusieurs points de convergence. Outre l’engagement politique commun des deux auteurs, ils empruntent tous les deux des traits hérités du romantisme, notamment dans l’expression de l’idéal et de la transcendance. Par exemple, dans les deux poèmes, la figure féminine fait l’objet d’une sacralisation et devient le support d’une élévation spirituelle. Dans les deux cas apparaît également le thème du repentir, ainsi qu’une réflexion sur la relation entre l’éphémère et l’éternel, soit sous la forme du sacrifice du temporel au profit de la transcendance, soit sous celle d’une fidélité ferme aux valeurs spirituelles et morales. Le symbolisme des deux auteurs s’exprime à travers une dialectique commune de la lumière et des ténèbres, et par la construction d’une géographie symbolique qui repose sur un lieu central chargé de tension spirituelle, l’église chez Kostić et la fontaine chez Slavejkov. La présence d’êtres issus du folklore rattache les poèmes à une tradition culturelle commune.
Un deuxième ensemble réunit des œuvres de Jordan Jovkov et d’Ivo Andrić, autour de récits brefs centrés sur la transformation morale des personnages selon les motifs du châtiment et de la rédemption. La comparaison proposée porte notamment sur Le Tronc d’Ivo Andrić et sur des nouvelles de Jordan Jovkov comme « Indjé » ou « Chibil », au choix des étudiants. Les récits présentent des structures narratives comparables, organisées autour d’un processus de métamorphose dont le mystère constitue le cœur de l’intrigue. Les personnages féminins occupent une place essentielle dans ces transformations et apparaissent souvent comme les agents d’un changement moral.
La dernière comparaison proposée concerne des œuvres contemporaines, Les Dévastés de Teodora Dimova et Dans le noir de Svetlana Velmar-Janković. Ces deux textes proposent une dialectique de l’histoire collective et de l’histoire personnelle en montrant comment les existences individuelles sont profondément marquées par les bouleversements politiques. Le thème de la mémoire y occupe une place centrale, l’écriture cherchant à restituer les traces laissées par les traumatismes de l’Histoire. Elles proposent également une réflexion sur la notion du tragique, envisagée à la lumière d’Aristote et de George Steiner, ainsi que sur la banalité du mal définie par Hannah Arendt dans les sociétés marquées par la violence politique. L’écriture apparaît comme un moyen de mettre en forme le traumatisme historique, en particulier dans la représentation des régimes totalitaires de domination et des persécutions subies par les intellectuels, du point de vue féminin.
Intervention de Livija Ekmecic : Rencontres littéraires comme pratique pédagogique et objet d’étude
Qu’est-ce que la littérature pour les chercheurs et qu’est-ce que la littérature pour les jeunes lecteurs, qu’ils soient en formation ou en dehors du monde littéraire ? Les deux intervenantes, lors de la construction du projet des « Rencontres Littéraires », ont cherché à déjouer les pièges de la lecture et de l’interprétation par les lecteurs dits savants, en renouant avec une approche éthico-pratique des textes, selon la notion étudiée par Christine Détrez, dans son ouvrage Sociologie de la culture. Il est apparu aux chercheuses, que la littérature contemporaine, « mineure » puisque le processus de consécration ne peut s’être réalisé, semble plus exigeante pour les étudiants et jeunes lecteurs que la littérature dite « classique », parce que celle-ci se prête à une lecture dite éthico-pratique. En ce sens, il a semblé nécessaire de confronter directement les étudiants aux œuvres grâce à une lecture personnelle des textes pour les sensibiliser aux littératures balkaniques, qui sont parfois considérées comme mineures, dans la mesure où elles sont méconnues du grand public. Le cadre pédagogique qui cherche à mettre les lectures des étudiants au cœur de l’étude des textes fonctionne comme un catalyseur des recherches littéraires balkaniques.
Les pièges de la lecture savante
Tzvetan Todorov, dans son ouvrage La Littérature en péril, défend la thèse selon laquelle l’approche savante, et en particulier l’approche formaliste, de la littérature conduit à mettre à distance les lecteurs et le texte, et tend à empêcher les lecteurs de s’approprier le texte, ce qui, de ce fait, nie les valeurs éthiques et pratiques de la lecture. Todorov rappelle que la littérature a une signification complexe dans la vie de chaque lecteur, naïf ou savant. Souvent, les lecteurs non-spécialistes évoquent l’acte de lecture sous le prisme des pouvoirs que la littérature a sur la vie vécue, par exemple : « la littérature m’aide à vivre », « la littérature me permet de m’évader en découvrant de nouveaux mondes ». Todorov critique une approche savante centrée principalement sur la valeur esthétique de la littérature, et cela aurait pour conséquence une mésinterprétation des textes.
L’enseignement de l’approche éthico-pratique de la lecture
Il s’agirait alors de promouvoir un enseignement qui permet aux étudiants de dialoguer par eux-mêmes avec le texte, ce qui permet d’étudier les valeurs éthiques et pratiques de la lecture. La finalité des œuvres selon cette approche n’est pas de maîtriser le texte lui-même, ou une stratégie de lecture, mais de mieux comprendre l’homme et le monde pour enrichir sa propre existence. La connaissance de la littérature n’a alors d’intérêt non pas comme une fin en soi, mais comme moyen d’accomplissement personnel. Cette approche entend remettre à l’ordre du jour la figure du lecteur modèle, notion développée par Umberto Eco dans son ouvrage Lector in fabula, où il est considéré comme instance essentielle du texte, le sens ne résidant pas dans le texte, mais dans le processus de coopération interprétative entre le texte et le lecteur.
Organisation des « Rencontres littéraires »
À partir de ces fondements théoriques, s’ensuit une demande pédagogique spécifique : celle de mettre en place un environnement éducatif et un enseignement interactif de la littérature, dans le paradigme de la littérature créative. Les intervenantes ont donc décidé de proposer aux étudiants un modèle de travail permettant d’être actif dans l’organisation et le déroulement des rencontres littéraires. Dans la conception de ce projet, deux fois par semestre, les étudiants rencontrent un ou plusieurs écrivains contemporains des Balkans sous la forme de conversations et de dialogues. Chaque étudiant doit lire une œuvre de l’auteur invité pour présenter cette œuvre aux autres étudiants et pour préparer des questions directement posées à l’auteur du livre pendant la rencontre. Il s’agit ainsi d’un modèle de communication littéraire qui permet de faire dialoguer toutes les instances littéraires entre elles : le lecteur et l’œuvre, le lecteur et ses pairs, l’œuvre et son auteur, l’œuvre avec les autres œuvres. De nombreux auteurs ont déjà été invités aux « Rencontres Littéraires » de Strasbourg : par exemple Dušan Kovačević, Veselin Marković, Aleksandar Gatalica, Vladimir Pištalo, Teodora Dimova, Vesna Goldsworthy, Jelena Lengold, Aleksandar Baljak, Georgi Gospodinov, Elicâ Georgieva, Goran Petrović, ce dernier ayant écrit « Une note de Strasbourg » pour rendre compte de sa propre expérience. Les questions posées avaient pour thèmes l’inspiration ou les influences des auteurs, les stratégies d’écriture, le métier d’écrivain, le rôle de la littérature dans le monde, et les réflexions des étudiants sur la vie elle-même.
Compte-rendu rédigé par Elfi Nicola, étudiante en master d’études russes à l’ENS de Lyon
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Fonds slaves/BDL (11 mai 2026). Le dialogue bulgaro-serbe en France. Fonds Russie et Europe médiane (ISSN 2492-8747). Consulté le 13 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/1676c




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